Community Legal Information Association of PEI, Inc.


Guide concernant la loi
Victims of Family Violence Act

Aide aux victimes de violence familiale


Qu’est-ce que la loi Victims of Family Violence Act ?
Il s’agit d’une loi provinciale entrée en vigueur le 16 décembre 1996 et qui :

  • répond au besoin des victimes de violence familiale de pouvoir demeurer dans leur propre foyer ;
  • fournit une procédure au civil qui s’ajoute aux dispositions du Code criminel du Canada ; et
  • permet au système de justice pénale de fournir une réponse plus efficace et plus rapide dans les cas de violence familiale.
     

    Cette loi est conçue pour être utilisée de concert avec le Code criminel. Dans des situations appropriées, les services de police porteront des accusations en vertu du Code criminel et demanderont également une ordonnance, au bénéfice de la victime, en vertu de la loi Victims of Family Violence Act.

    L’Île-du-Prince-Édouard est la deuxième province au Canada à promulguer une législation ayant trait à la violence familiale. La loi Victims of Domestic Violence Act est en vigueur depuis février 1995 en Saskatchewan.

    Qu’est-ce que la violence familiale ?
    La violence familiale est toute forme de violence utilisée par un membre d’une famille envers un autre membre de cette famille. Cela inclut la violence d’un partenaire envers l’autre partenaire, d’un parent contre un enfant, d’un enfant contre un parent, entre frères et surs, ou impliquant les grands-parents.

    La loi prévoit les définitions suivantes :

    relation familiale :
    « une relation entre:

    1. un homme et une femme qui sont ou ont été mariés l’un à l’autre, ou qui ont cohabité  dans le cadre d’une relation maritale ou sexuelle ; ou
    2. des membres d’une même famille. »

    victime:

    1. «une personne qui a habité avec ou qui habite encore avec l’intimé* dans le cadre d’une relation familiale [*l’intimé est l’agresseur] ; ou
    2. une personne qui, avec l’intimé, est un parent d’un ou plusieurs enfants, sans égard au statut marital ou au fait que la victime et l’intimé aient cohabité ensemble à quelque moment que ce soit, qui a été l’objet de violence familiale commise par l’intimé. »

    violence familiale:
    inclut :

    1. «toute agression contre la victime ;
    2. toute action imprudente ou omission qui cause une blessure à la victime ou des dommages à un bien ;
    3. toute action ou menace qui cause une crainte raisonnable de blessure à la victime ou de dommage à un bien ;
    4. l’isolement forcé de la victime ; ou
    5. des actions ou des menaces d’abus sexuel, de violence physique ou de violence psychologique contre la victime. »

    Comment cette loi aidera-t-elle les victimes ?
    Dans bien des cas, les femmes et les enfants sont forcés de quitter leur foyer et leurs biens en raison de violences familiales. Ils laissent également de côté le soutien de leur famille et de leurs amis, pendant cette période de crise.

    Si la sécurité de la famille peut être assurée grâce à une ordonnance de protection en situation d’urgence, ou une ordonnance d’assistance aux victimes, les victimes seront peut-être en mesure de demeurer dans leur foyer et leur communauté. Ces ordonnances peuvent également contenir d’autres dispositions telles que :

  • la garde temporaire des enfants ;
  • la non-communication avec la victime ; ou
  • l’abstention de nouveaux actes de violence.
     

    Cette loi indique clairement que si l’agresseur incite une autre personne à commettre un acte violent envers la victime, l’agresseur sera alors tenu responsable de cette violence.

    Cette loi n’écarte pas le besoin d’un refuge pour les femmes et les enfants victimes de violence familiale. Dans certains cas, le service de police ne sera pas en mesure de garantir la sécurité de la victime ; dans d’autres cas, la victime ressentira peut-être le besoin de quitter le domicile où se produit la violence. Cette loi nous fournit une autre façon d’aider les victimes et déclare clairement que la violence familiale n’est jamais acceptable.
     

    Cette loi fournit deux outils pour aider les membres d’une famille qui sont victimes de violence familiale :
    l’ordonnance de protection en situation d’urgence et 
    l’ordonnance d’assistance aux victimes.

    Qu’est-ce qu’une ordonnance de protection en situation d’urgence?
    Une ordonnance de protection en situation d’urgence nous donne un outil pour agir immédiatement pour protéger une victime de violence
    familiale dans une situation d’urgence. Elle est :

  • disponible à toute heure du jour et de la nuit ;
  • autorisée par un juge de paix spécialement mandaté ;
  • en vigueur aussitôt que l’agresseur en est informé; et
  • demeure en vigueur pour la période spécifiée par le juge de paix (jusqu’à 90 jours).
     

    Tous les agents de police sur l’Île-du-Prince-Édouard ont reçu une formation en rapport avec la loi Victims of Family Violence Act. C’est habituellement un agent de police qui fait la demande d’une ordonnance de protection en situation d’urgence, au nom de la victime. Un intervenant du Service d’aide aux victimes d’actes criminels peut également déposer une demande pour une ordonnance de protection en situation d’urgence.

    Lorsque les services de police sont contactés en raison de violence familiale ou de crainte de violence familiale, et qu’ils croient que la situation est grave et urgente, ils devraient demander à la victime si elle souhaite faire la demande d’une ordonnance de protection en situation d’urgence. Si la réponse est « oui » , l’agent de police, agissant au nom de la victime, téléphonera au juge de paix. Lorsqu’elle est accordée, l’ordonnance prend effet immédiatement.
     
     

    Une ordonnance de protection en situation d’urgence peut :

  • charger l’agent de police de retirer l’agresseur du domicile familial ;
  • ordonner à l’agresseur de ne pas communiquer avec la victime ou la famille de la victime ;
  • ordonner à l’agresseur de se tenir éloigné de tout endroit spécifié dans l’ordonnance ;
  • ordonner à l’agresseur de ne pas retirer, vendre ou endommager des biens ;
  • ordonner à l’agresseur de ne pas commettre d’actes de violence supplémentaires envers la victime ;
  • donner à la victime la possession temporaire de biens personnels spécifiques (telle une automobile) ;
  • accorder à la victime l’occupation exclusive du domicile (pour une période spécifique) ;
  • accorder la garde temporaire ou la responsabilité des soins quotidiens d’un enfant, à la victime ou à une autre personne ;
  • charger un agent de police d’accompagner la victime ou l’agresseur au domicile, pour superviser le retrait de biens personnels ; et
  • interdire la publication des nom et adresse de la victime.
     
     

    Une ordonnance de protection en situation d’urgence ne sera accordée que si un juge de paix est persuadé qu’il y a bien eu violence familiale et que la situation est grave et urgente.

    Le juge de paix doit considérer la nature et l’historique de la violence familiale, l’existence d’un danger immédiat, et les intérêts de la victime ou de tout enfant ou autre personne à la charge de la victime.

    Le juge de paix transmet une copie de l’ordonnance de protection en situation d’urgence et de tous les documents pertinents, au tribunal. Ils sont examinés pour une période ne dépassant pas 5 jours ouvrables, par un juge de la Division de première instance de la Cour suprême, qui décidera de confirmer ou de changer l’ordonnance, ou de réentendre la demande.

    Qu’est-ce qu’une ordonnance d’assistance aux victimes ?
    Les ordonnances d’assistance aux victimes s’adressent à des situations requérant une solution de plus longue durée pour les victimes. Elles peuvent être utilisées lorsqu’une ordonnance de protection en situation d’urgence arrive à terme ou lorsque la situation n’a plus un caractère urgent.

    Le service des Affaires communautaires et Procureur général de l’Î.-P.-É. a publié une trousse d’information intitulée Victim Assistance Orders Information Kit.  Elle est rendue disponible pour aider les victimes à faire une demande d’ordonnance en leur propre nom, ou pour mieux comprendre la législation avant de consulter un avocat.
     

    Remarque : 

    Faire la demande d’une ordonnance d’assistance aux victimes est un acte judiciaire et la consultation d’un avocat pour obtenir aide et conseils vous est recommandée.

    Si vous ne connaissez pas d’avocat, le Service de référence des avocats peut vous venir en aide. Composez le (902) 892-0853, ou sans frais le 1 (800) 240-9798, pour plus de renseignements.

    Grâce à ce service, il vous est possible de parler avec un avocat durant une demi-heure pour la somme de 10 $, plus la TVP et la TPS. Vous pouvez demander à l’avocat de déterminer votre éligibilité à l’aide juridique familiale. 

    L’Aide juridique familiale est disponible pour les victimes de violence familiale à faible revenu. Pour déterminer si vous êtes éligible pour de l’aide juridique familiale, composez le (902) 368-6043 à Charlottetown ou le (902) 888-8219 à Summerside.

    Une ordonnance d’assistance aux victimes est accordée par un juge de la Cour suprême, dans un délai de 10 jours suivant le dépôt et l’approbation de la demande. Elle peut contenir les mêmes dispositions qu’une ordonnance de protection en situation d’urgence avec, en plus, un droit de visite des enfants et toute autre disposition que le juge estime appropriée.

    L’une ou l’ensemble des dispositions suivantes peuvent être incluses dans une ordonnance d’assistance aux victimes :

  • occupation exclusive du domicile pour une période définie ;
  • retrait de l’agresseur du foyer, immédiatement ou dans un délai prescrit ;
  • supervision policière de la récupération de biens personnels du domicile ;
  • directive à l’agresseur lui imposant de se tenir éloigné d’endroits spécifiques ;
  • garde temporaire ou soins des enfants au quotidien ;
  • possession temporaire de biens personnels ;
     

    L’agresseur peut se voir interdire :

  • de communiquer directement ou indirectement (par exemple, via d’autres personnes) avec la victime ;
  • d’emporter, vendre ou endommager des biens ; et
  • de commettre d’autres actes de violence envers la victime.
     

    Une ordonnance d’assistance aux victimes peut également interdire la publication du nom et de l’adresse de la victime ; assurer un accès aux enfants tout en garantissant la sécurité et le bien-être des enfants et de la victime ; de même que toute autre disposition que le juge estime appropriée.

    Quelles sont les infractions en vertu de cette loi ?
    Toute personne commet une infraction lorsqu’elle :

  • désobéit à l’une des dispositions d’une ordonnance ;
  • dépose frauduleusement et malicieusement une demande d’ordonnance ;
  • entrave toute personne qui exécute une fonction autorisée par une ordonnance ; ou
  • publie toute information en contravention d’une ordonnance.
     

    Comment cette loi modifie-t-elle la manière de traiter la violence familiale dans le cadre du système de justice
    pénale ?
    La loi Victims of Family Violence Act se concentre sur les besoins des victimes. Elle complète d’autres lois qui sont déjà en vigueur. Elle fournit aux services de police et au Service d’aide aux victimes d’actes criminels un outil supplémentaire pour protéger les victimes de violence familiale. Lorsque ces lois sont utilisées de concert, elles aident à assurer des actions plus efficaces contre la violence familiale.
    S’il y a des preuves évidentes de violence envers des enfants ou un conjoint, d’agression sexuelle ou de toute autre agression, les services de police porteront des accusations en vertu du Code criminel. Ces accusations ne peuvent être retirées par la victime.

    Dans certaines situations, une ordonnance d’engagement en vertu du Code criminel, peut vous aider à empêcher une personne que vous craigniez, d’entrer en contact avec vous.

    Lorsque la sécurité d’un enfant peut être en danger, Child and Family Services peuvent retirer l’enfant de la famille, en vertu de la loi Family and Child Services Act.

    Dans certains cas, une demande d’injonction peut être accordée en vertu de la loi Family Law Act.

    Lorsqu’un adulte vulnérable est à risque, la loi Adult Protection Act peut être utilisée pour assurer sa sécurité.
     
     

    De quelle manière une victime peut-elle utiliser cette loi ?
    Si vous croyez qu’une ordonnance de protection en situationd’urgence peut vous aider, demandez à un service de police ou au Service d’aide aux victimes d’actes criminels de déposer une demande d’ordonnance en votre nom.
    Si vous croyez qu’une ordonnance d’assistance aux victimes peut vous aider, et que vous désirez obtenir un exemplaire de la trousse « Victim Assistance Orders Information Kit » , contactez l’une ou l’autre des ressources suivantes :

    Service d’aide aux victimes d’actes criminels
       Charlottetown (902) 368-4582
       Summerside (902) 888-8217

    Greffiers de la cour
       Palais de justice de Charlottetown (902) 368-6003
       Palais de justice de Summerside (902) 888-8125

    Transition House Association – Services d’extension
       Queens (902) 566-1480
       Prince-Est (902) 436-0517
       Prince-Ouest (902) 859-8849
       Est de l’Î.-P.-É. (902) 838-0795
       (sans frais) (902) 651-2062

    Community Legal Information Association
       Charlottetown – appels locaux 892-0853
       (sans frais) 1 (800) 240-9798

    Pour obtenir des conseils juridiques lors d’une demande d’ordonnance d’assistance aux victimes ou si vous devez vous présenter à la cour à propos d’une ordonnance, consulter votre avocat ou :

    Service de référence aux avocats
    (902) 892-0853       1 (800) 240-9798

    Family Legal Aid :
    Charlottetown (902) 368-6043    Summerside (902) 888-8219
     

    Aide pour les victimes d’actes criminels.
    Le Service d’aide aux victimes d’actes criminels sert de passerelle entre les victimes et le système de justice pénale, et peut fournir de l’information pour aider les victimes à trouver les autres services dont elles peuvent avoir besoin. Si vous avez été victime de violence familiale ou de tout autre crime, communiquez avec le Service d’aide aux victimes d’actes criminels aux numéros suivants :
      Charlottetown (902) 368-4582
      Summerside (902) 888-8217

    La présente brochure a été conçue et publiée par l’organisme Community Legal Information Association of Prince Edward Island Inc. (CLIA) uniquement dans un but d’information et d’éducation. Elle comporte des informations d’ordre général à propos d’un aspect de la législation, soit la loi Victims of Family Violence Act. Elle ne comporte pas un exposé complet du droit en rapport avec ce domaine.

    Si vous avez besoin de conseils juridiques, consultez un avocat. Si vous ne connaissez pas d’avocat, le Service de référence aux avocats peut vous en recommander, en téléphonant au (902) 892-0853, ou sans frais au 1 (800) 240-9798. Vous recevrez le nom de deux avocats. Une consultation d’une demi-heure, avec un avocat référé par ce service, vous coûtera 10 $, plus les taxes.

    Comme des modifications à la loi et aux procédures judiciaires peuvent se produire, l’information dans la présente brochure peut devenir périmée.
     


    L’organisme Community Legal InformationAssociation of Prince Edward Island Inc.est une ouvre de charité subventionnée par :le ministère de la Justice Canada,le service des Affaires communautaires et Procureur général de l’Î.-P.-É.,la Law Foundation of Prince Edward Island,ainsi que par d’autres sources de financement. 

    L’association CLIA fournit aux citoyen(ne)s de l’Î.-P.-É.,des informations utiles et compréhensibles concernantnos lois et le système de justice pénale.

    Vous pouvez apporter votre soutien à l’associationCLIA par du bénévolat, en devenant membreou en faisant un don.

    Numéro d'enregistrement d’organisme de bienfaisance : 118870757RR0001

    Téléphone : 892-0853 ou sans frais 1 (800) 240-9798

    Auteures : Ann Sherman et Ellie Reddin

    Révision : Bénévoles de la communauté

    Conception :le service Marketing de Expansiondes affaires de l’Île-du-Prince-Édouard

    Mars 1997

    Traduction française : Ellipse - Pierre Masson, grâce à une subvention du programme « Initiative de lutte contre la violence familiale » du ministère de la Justice Canada.

    ISBN 1-894267-10-9


     
     

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